Il est très classique que l’œil coule après chirurgie de la cataracte au cours de la convalescence. Ce larmoiement accru s’explique notamment par une hypersécrétion lacrymale réflexe liée à la cicatrisation, une déstabilisation temporaire de la composition du film lacrymal, et un drainage des larmes légèrement perturbé. En revanche, d’autres manifestations post-opératoires doivent déclencher une consultation rapide. Elles incluent une douleur marquée, une baisse importante et brutale de la vision, des rougeurs marquées ou l’apparition de sécrétions épaisses.
Pourquoi l’œil coule après chirurgie de la cataracte ?
Après une chirurgie de la cataracte, il est classique de constater un larmoiement accru. Cela traduit la réaction normale de la surface oculaire aux micro-incisions réalisées dans la cornée pendant l’intervention. En effet, elles stimulent les fibres nerveuses sensitives, ce qui entraîne une sécrétion réflexe des glandes lacrymales.
Par ailleurs, l’intervention perturbe transitoirement l’équilibre du film lacrymal en termes de composition (lipides, phase aqueuse et mucines). La surface oculaire devient alors plus sensible, ce qui déclenche une production lacrymale compensatoire.
L’inflammation post-opératoire, même faible, participe également à cette hyper-sécrétion. Enfin, certains des collyres utilisés au cours de la convalescence sont susceptibles de renforcer le réflexe lacrymal.
Dans le même temps, le processus de cicatrisation démarre immédiatement après l’opération. Les kératocytes, cellules situées dans le stroma cornéen, s’activent, modifient leur métabolisme et participent au remodelage de la matrice extracellulaire pour réparer les fibres et les protéines constitutives du tissu cornéen.
Au cours de cette étape, la surface oculaire devient plus sensible aux variations d’osmolarité (c’est-à-dire à la concentration en molécules et ions dissous dans les larmes, qui conditionne leur pouvoir hydratant), mais aussi à la lumière ou aux modifications du flux lacrymal.
Cette hyper-réactivité cornéenne augmente la fréquence des clignements et perturbe légèrement le drainage normal des larmes vers le sac lacrymal puis les fosses nasales. Elles ont alors tendance à déborder au niveau du bord palpébral.
Larmoiement normal et larmoiement anormal : comprendre la différence
Tout ce qui précède explique qu’un larmoiement soit normal après une chirurgie de la cataracte : hypersécrétion réflexe liée à la cicatrisation, film lacrymal temporairement instable, drainage légèrement ralenti.
En revanche, si le larmoiement devient abondant, douloureux, et que le patient ressent comme une sensation de pression dans l’œil, il convient de consulter rapidement.
Plus généralement, d’autres manifestations sont anormales et constituent aussi des signaux d’alerte clairs. Elles incluent une douleur importante, une rougeur marquée, des sécrétions épaisses, une baisse brutale de la vision, l’apparition de corps flottants ou d’éclairs lumineux dans le champ de vision ainsi qu’un voile dense devant l’œil.








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