La cataracte et la DMLA sont deux affections liées au vieillissement oculaire. La cataracte entraîne une vision floue par opacification du cristallin, tandis que la DMLA altère la vision centrale en touchant la macula. Or, ces deux pathologies sont fréquemment associées chez un même patient et cette coexistence accentue la gêne visuelle et complique l’évaluation, la planification et parfois même l’indication de la chirurgie destinée à remplacer le cristallin. Par ailleurs, l’idée que le traitement chirurgical de la cataracte pourrait aggraver une DMLA préexistante fait encore débat.
Cataracte et DMLA : deux maladies liées à l’âge et souvent associées
La cataracte et la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) sont deux affections liées au vieillissement des structures internes de l’œil.
La cataracte résulte de l’opacification progressive du cristallin, ce qui induit une vision floue, voilée. Pour sa part, la DMLA touche la macula, zone centrale de la rétine responsable de la vision centrale fine, provoquant une distorsion des lignes, une baisse de l’acuité visuelle et l’apparition de taches sombres dans le champ visuel.
Individuellement déjà handicapantes, ces deux affections sont souvent associées et cette coexistence a un retentissement visuel encore plus marqué.
La DMLA complique l’évaluation et le traitement de la cataracte
Lorsque cataracte et DMLA sont associées, l’intervention destinée à remplacer le cristallin devient plus complexe à planifier et ce pour différentes raisons.
En premier lieu, l’opacification du cristallin limite parfois l’examen du fond d’œil et gêne l’analyse fine de la macula. C’est pourtant un élément indispensable à l’anticipation du résultat post-opératoire.
D’autre part, l’existence d’une DMLA influence également le choix de l’implant intraoculaire à mettre en place pour remplacer le cristallin. En particulier, les modèles multifocaux sont déconseillés, car ils réduisent la sensibilité aux contrastes déjà diminuée par l’atteinte maculaire.
Ainsi, dans cette configuration, la chirurgie de la cataracte doit être envisagée avec prudence : le praticien doit s’assurer que la macula conserve une capacité suffisante pour justifier l’intervention et informer clairement le patient des limites du gain visuel attendu. La décision d’opérer la cataracte d’un patient atteint de DMLA repose donc sur une évaluation individualisée et une analyse fine du bénéfice probable.
Un débat persiste : la chirurgie de la cataracte peut-elle aggraver la DMLA ?
Depuis plusieurs décennies, les spécialistes s’interrogent sur un possible lien entre la chirurgie de la cataracte et l’évolution de la DMLA. Les études rapportent des résultats contradictoires : certaines suggèrent une progression plus rapide de la maladie maculaire après l’opération, tandis que d’autres n’indiquent aucune influence mesurable.
Ainsi, les données disponibles à ce jour ne permettent pas de conclure définitivement. Néanmoins, en pratique, de nombreux chirurgiens estiment que, lorsque la cataracte est source d’un handicap visuel, son traitement demeure bénéfique, même en cas de DMLA. Une surveillance attentive de la macula reste alors néanmoins essentielle, et l’indication opératoire doit être posée avec prudence, après une information complète du patient.








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