Comment éviter une cataracte secondaire ?

par | 6 juin 2026

Cette actualité appartient aux catégories suivantes : Cataracte secondaire

La cataracte secondaire se déclenche chez environ un quart des patients opérés de la cataracte. Elle résulte d’un processus biologique naturel : la prolifération de cellules sur la capsule restée en place derrière l’implant. Si l’on ne peut pas totalement éviter une cataracte secondaire, certains choix chirurgicaux lors du traitement initial de la cataracte et la prise en compte de facteurs individuels permettent toutefois d’en réduire le risque.

 

Cataracte secondaire : définition, fréquence et occurrence

Le cristallin est contenu dans une fine capsule biologique (« sac cristallin »). Lors du traitement chirurgical de la cataracte, cette capsule est laissée en place pour accueillir l’implant qui remplace le cristallin.

Après chirurgie de la cataracte, la cataracte secondaire (ou « opacification capsulaire postérieure », OCP) correspond à la migration puis à la prolifération de cellules sur la face postérieure du sac cristallin. Cette multiplication cellulaire épaissit progressivement la capsule. Cela induit une baisse de vision avec des symptômes très proches de ceux de la cataracte « vraie ».

L’OCP est une complication fréquente du traitement de la cataracte : selon les études, elle touche de 20 à 30 % des patients quelques années après l’intervention de remplacement du cristallin naturel par un implant. Et, s’il n’est pas réellement possible d’éviter une cataracte secondaire, processus biologique naturel, certains choix chirurgicaux réduisent son taux d’incidence. Par ailleurs, certains autres facteurs doivent être connus du praticien pour lui permettre d’adapter au mieux la stratégie opératoire.

 

Facteurs techniques influençant le risque de cataracte secondaire

De nombreuses études montrent que plusieurs paramètres opératoires influencent directement la probabilité de développer une cataracte secondaire.

Au sein de ceux-ci, le design de l’implant intraoculaire a un impact significatif. Plus précisément, les implants à bord net et angulé réduisent la migration des cellules dans l’axe visuel. À l’inverse, les modèles à bords arrondis favorisent cette progression. De même, le matériau de l’implant joue un rôle : les implants hydrophobes en acrylique induisent des taux d’OCP plus faibles que les implants en silicone ou hydrophiles.

Toutefois, le choix de l’implant ne repose pas uniquement sur le risque d’OCP et, dans certains cas, les modèles en silicone ou hydrophiles sont les plus adaptés malgré un risque légèrement accru d’opacification capsulaire.

D’autre part, la qualité de la capsulorhexis réalisée au cours de la chirurgie de la cataracte est aussi primordiale. Il s’agit du geste qui consiste à découper la face avant du sac cristallin pour pouvoir extraire ce dernier puis introduire l’implant. Ainsi, une capsulorhexis circulaire et qui chevauche légèrement le bord de la lentille artificielle aide à réduire la prolifération cellulaire. De plus, après extraction du cristallin, une aspiration soigneuse des cellules résiduelles et un polissage méticuleux de la capsule diminuent le risque d’OCP.

Enfin, la stabilité de l’implant dans le sac cristallin contribue à maintenir une tension homogène, ce qui limite la formation de plis capsulaires, souvent associés à l’OCP. Or, cette stabilité est notamment liée au design de la lentille artificielle mise en place.

 

Rôle de facteurs liés au patient pour éviter la cataracte secondaire

Au-delà des aspects techniques, des facteurs individuels sont liés à un risque accru de cataracte secondaire. Notamment, les patients jeunes opérés de la cataracte présentent une activité cellulaire plus importante, ce qui explique une incidence plus élevée d’OCP dans cette frange d’âge.

D’autre part, les antécédents d’inflammation intraoculaire créent un environnement qui favorise la migration des cellules, augmentant ainsi le risque d’opacification capsulaire.

De même, une chirurgie de la cataracte réalisée dans un contexte traumatique se fait souvent sur une capsule fragilisée ou irrégulière, conditions qui rendent plus probable la prolifération cellulaire post-opératoire.

Si ces différents facteurs ne sont pas maîtrisables par le patient, ils doivent être connus du chirurgien, pour adapter au mieux la stratégie opératoire.

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